Règles

Avec des Si Bémol vise à répertorier pour chaque station du métro parisien la meilleure chanson écrite sur ses alentours. L’éligibilité des chansons et des stations est régie par les règles suivantes.

Règle 1: Pour être éligible à une station, une chanson doit faire référence à cette station ou à un lieu l’avoisinant dans ses paroles et/ou son titre. La référence géographique doit pouvoir être établie au-delà de tout doute raisonnable. Deux exceptions permettent cependant à une chanson d’être éligible à une station sans que ses paroles et/ou son titre ne permettent à eux seuls de la situer: s’il est de notoriété publique que la chanson a été inspirée par des événements s’étant déroulés dans un lieu du voisinage de cette station (voir Règle 5) ; et face à un Cas de Chanson Majeure (voir Règle 6).

Exemple : Station Quatre-Septembre de Benjamin Biolay, créée par Vanessa Paradis, est éligible à la station Quatre-Septembre.

Exemple : Les filles de 1973 ont trente ans de Vincent Delerm n’est pas éligible à la station Malesherbes car, bien qu’elle fasse mention dans ses paroles de « celles qui fusillaient au blanco/ les tables du lycée Carnot » et qu’un lycée Carnot se situe au 145 du boulevard Malesherbes, il existe également un lycée Carnot à Dijon, Roanne, Cannes, Arras, Saumur, Pointe à Pitre et Bruay La Buissière, et rien ne permet de privilégier l’interprétation du lycée Carnot parisien, en particulier eu égard à la portée universaliste du reste des paroles de la chanson.

Exemple : Rue de Siam de Jacques Larue et Guy Magenta, créée par Edith Piaf, n’est pas éligible à la station Rue de la Pompe car l’atmosphère marine de la chanson permet d’établir que la rue de Siam à laquelle il est fait référence n’est pas celle de Paris mais celle de Brest. Il en va de même a fortiori de Barbara de Jacques Prévert et Joseph Kosma, qui mentionne également une rue de Siam dans ses paroles, mais au vers qui la précède qu’ « il pleuvait sans cesse sur Brest ».

Règle 2 La présence dans les paroles et/ou le titre d’une chanson d’un nom de station ou du nom d’un lieu l’avoisinant est suffisante pour la rendre éligible à cette station. Cependant, le nom doit y être utilisé dans son sens odonymique.

Exemple : Y a de la joie de Charles Trenet est éligible à la station Javel, car elle inclut dans ses paroles “Miracle sans nom à la station Javel/On voit le métro qui sort de son tunnel”.

Exemple : Le pouvoir des fleurs d’Alain Souchon et Laurent Voulzy n’est pas éligible à la station de métro Jasmin car bien que ses paroles incluent « jasmin, lilas » (et « géraniums » aussi, mais plus loin), jasmin y est utilisé dans son sens botanique et non en référence à la station Jasmin ni à la rue éponyme.

Exemple : La valse de Cambronne de Colette Deréal et Jean Bernard n’est pas éligible à la station Cambronne, car la chanson fait référence au mot de Cambronne et non à la station Cambronne ni à la rue éponyme.

Règle 3 Un lieu est considéré comme appartenant au voisinage d’une station s’il est possible qu’un voyageur souhaitant se rendre en ce lieu s’y rende en sortant à cette station. Une chanson peut donc être éligible à plusieurs stations, si le lieu auquel elle fait référence est desservi par plusieurs stations. C’est le cas en particulier si un même lieu est accessible par deux stations sur des lignes différentes ou par deux stations approximativement équidistantes sur la même ligne, ou si le lieu possède une étendue suffisante pour le rendre voisin de plusieurs stations. En revanche, le lieu n’est pas considéré comme dans le voisinage d’une station si tout voyageur, quelle que soit sa provenance, minimiserait son temps de trajet en descendant à une autre station. Travaux, accidents voyageurs ou grèves RATP qui justifieraient de sortir à une station car d’autres plus proches seraient temporairement inaccessibles, de même que l’inattention d’un voyageur qui le ferait manquer de descendre à la bonne station, ne peuvent être invoqués.

Exemple : Rue de Vaugirard de Claude Massoulier et Jacques Loussier, créée par Ginette Garcin, est éligible aux stations Porte de Versailles, Convention, Vaugirard, Volontaires et Pasteur. Elle n’est cependant pas éligible à la station Odéon, car bien qu’il soit envisageable de se rendre au 20 rue Vaugirard en descendant à Odéon, les paroles établissent sans ambiguïté qu’il est fait référence à la partie sud et populaire (dans les années 60) de la rue—celle-là qui justifie sa couleur bleu ciel au Monopoly—et non à sa partie nord et cossue des alentours du Luxembourg.

Exemple : Saint-Anne du groupe Fauve est éligible à la station Glacière sur la 6 ainsi qu’à la station Mouton-Duvernet sur la 4. Elle n’est cependant pas éligible à la station Corvisart sur la 6, car tout voyageur se rendant à Saint-Anne par la 6 aura intérêt à descendre à Glacière plutôt qu’à Corvisart.

Règle 4 Une chanson perd son éligibilité à une station si, bien qu’elle satisfasse à la règle #1, elle fait référence en des proportions similaires ou supérieures, dans ses paroles et/ou son titre, à un ou plusieurs autres lieux dans le voisinage d’une ou plusieurs autres stations. La mention d’un autre lieu n’est cependant pas dirimante si prépondérance est donnée dans les paroles au voisinage de la première station.

Exemple : La complainte de l’heure de pointe de Claude Lemesle, Richelle Dassin, Chris Juwens et Léon Deane, créée par Joe Dassin, ne peut pas être associée à la station Place des Fêtes car bien que la place des Fêtes y soit mentionnée, elle y est noyée dans des proportions équivalentes avec la place de Clichy, la place de la Bastille, la place de la République, l’opéra Garnier, Cambronne et Austerlitz.

Exemple : Elle fréquentait la rue Pigalle de Raymond Asso et Louis Maitrier, créée par Edith Piaf, continue d’être éligible à la station Pigalle bien qu’il soit fait mention dans ses paroles qu’ « il l’emmena vers Montparnasse » après qu’ « elle lui demanda de partir », car la rue Pigalle sert de décor à une partie bien plus importante de l’intrigue que le quartier de Montparnasse.

Règle 5 Une chanson peut être éligible à une station si, bien que ses paroles et/ou son titre ne permettent pas à eux seuls de l’associer à un lieu situé dans son voisinage, il est de notoriété publique que cette chanson a été inspirée par des événements s’étant déroulés en ce lieu. Néanmoins, dans les cas où le lieu d’inspiration de la chanson a été transposé par son auteur dans un autre lieu identifiable, au-delà de tout doute raisonnable, via ses paroles et/ou son titre, l’éligibilité du lieu d’inspiration n’invalide pas l’éligibilité du lieu de transposition.

Exemple : Chez Laurette de Michel Delpech et Roland Vincent est éligible à la station La Défense, car il est de notoriété publique que Chez Laurette est inspiré du Bar du Square de Christiane Vauquelin, anciennement situé au 13 rue de l’Alma à Courbevoie.

Exemple : L’heure du thé de Vincent Delerm est éligible à la station Saint-Michel Notre-Dame car il y est fait mention que « ce matin rue Saint-Séverin » son protagoniste « sor[t] de chez [elle] habillé comme hier », et ce bien que Vincent Delerm ait rendu public que l’intrigue de la chanson était inspirée d’évènements survenus rue Beauvoisine à Rouen et transposés à Paris, en raison de ce que « on joue souvent comme ça avec l’idée d’un parfum ».

Règle 6 Une chanson peut être éligible à une station si, bien que ses paroles et/ou son titre ne permettent pas de l’associer à un lieu situé dans son voisinage, et bien qu’elle n’ait pas été inspirée par des événements s’étant déroulés en ce lieu, elle constitue un Cas de Chanson Majeure, c’est-à-dire si elle a été attachée à ce lieu d’une façon notoire dans l’histoire de la chanson et/ou l’histoire de France.

Exemple : Par essence, les Cas de Chanson Majeure sont rares. Un seul Cas de Chanson Majeure a été invoqué à ce jour.

Règle 7 Le funiculaire de Montmartre n’est pas une station du métro parisien quoiqu’en dise la RATP, en cela qu’il ne permet d’atteindre aucune station autre que lui-même et ne fait donc pas partie du réseau.